...

Samedi 21 novembre 2009

...

Posté sur Youteube par mes soins histoire de compléter les merveilles déjà présentes.

This Today, de l'album Talk About the Weather.




Par B. - Publié dans : Musique - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 19 novembre 2009
De Greg Mottola (2008, Etats-Unis)

"-Qu'est-ce que tu étudies ?

-La littérature russe
et les langues slaves.

-Ouah ! C'est vraiment intéressant.
-Oui.

-Ça t'offre quel genre de carrière ?

-Chauffeur de taxi, vendeur de hot-dogs,
livreur de cannabis.

Le monde m'appartient."



Je m'étais pourtant juré de fuir ce film comme la peste, l'affiche, Jesse Eisenberg, Mottola, tout était là pour constituer le machin indé' branchouille qui, vous le savez bien, m'irrite au plus haut point... non pas bien entendu que je juge un film indépendant a priori, sur son simple statut administratif, mais parce que j'ai tout bonnement constaté que beaucoup de ces films se ressemblaient, et sous l'étiquette "indé", naissait une contre-culture qui n'en est plus vraiment une, mais plutôt une posture vaguement excentrique en Converse, pleine de suffisance et de second degré d'un snob intolérable et parfaitement inconséquent, le tout tartiné de mauvaise pop accoustique et sussurante d'aujourd'hui... jusqu'à ce qu'un honorable lecteur fan de Freaks & Geeks (comme je le comprends !), me recommande celui-ci. Therefore, à la fois intrigué et apeuré, je me suis exécuté...

Jesse Eisenberg vient de finir sa licence universitaire, et a prévu d'aller voyager en Europe pendant l'été... jusqu'à ce que ses parents, riches mais plus tant que ça, lui annoncent que pour garantir son prochain logement à la rentrée, il lui faudra, ô malheur, prendre un emploi saisonnier, et par la même connaître pour la première fois de sa vie les joies du salariat ! Il finit dans un lieu absolument sinistre, comme tous ceux uniquement voués au seul pseudo divertissement, à savoir un petit parc d'attractions du coin : Adventureland (titre que nos sacrés amis distributeurs français, avec leur habituel soucis du ringardosse, ont customisé pour sa seule sortie DVD par << Job d'été à éviter >>).


Bon, ça manque sans doute des sourires et rires si désarmants de notre Lindsay, mais on est captivé par le naturel de Kristen Stewart... et qui est en parfaite harmonie avec le ton du film, contre toute attente !
En effet, Mottola, qui a réalisé deux épisodes de Undeclared, la suite justement non-avouée de F&G, semble trouver un petit équilibre se rapprochant de cette dernière, comme on m'avait prévenu (de F&G donc, pas d'Undeclared qui fut quand même plus anecdotique). Pas vraiment indé' à la con, la tracklist se cantonnant à des valeurs sûres (Cure, Lou Reed...), et la "bizarrerie" des personnages étant vraiment relative et pas lourdement mise en avant (Martin Starr fume la pipe, certes, mais ça ne va pas plus loin que ça), Adventureland est bourré de tendresse et de justesse, ces deux "esses" que j'attendais de retrouver depuis longtemps dans un film d'ados.



Donc bienvenue sur les montagnes russes des premiers vrais sentiments, de ses contradictions et des maladresses, sans que cela ne soit jamais poussif, le film paraît même anecdotique, retraçant un simple petit été de façon légère, comme l'un de ceux que nous avons tous, impérissable, dans un coin de notre mémoire. À l'instar de F&G, nous sommes dans les années 80, mais sans fétichisme, et les parents semblent être aussi parfois des extra-terrestres. Tout ça est donc simplement touchant, le duo Eisenberg/Stewart fonctionnant très bien, et sachant nuancer comme il faut là où il faut, accompagné par quelques petits seconds rôles costauds (dont Martin Starr, comme s'il reprenait son rôle de F&G quelques années plus tard, ou encore Bill Hader, le collègue flic de Seth Rogen dans Superbad, précédent Mottola).
Voilà enfin un petit films d'ado qui ne surenchérit pas dans la geekerie potache ni dans la suffisance Juno-esque, et semble plutôt tenter de retourner sur les terres oubliées de John Hughes, comme mes yeux rougis me le firent sentir ; c'est un peu plus petit malin, esprit indé' oblige, mais ça reste fort charmant.

Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Lundi 16 novembre 2009


(capture de l'épisode de Twilight Zone de 1986 prise par mes soins, d'après la même nouvelle de Richard Matheson)

De Richard Kelly (2009, Etats-Unis)

Ouf ! au moins ce n'est pas le orange mécaniqueux Southland Tales (qui vieillira tout aussi mal je parie) ! Donc quittons le kubrickisme glacial qui se la joue (pléonasme ?), sans pour autant éviter cette impression de cinéma de petit malin doué, pour davantage retrouver Hitchcock, du moins pendant un bon petit moment. La musique est très jolie, classique mais classieuse et qui fera bien entendu penser à Bernard Hermann, la réalisation n'en fait pas des tonnes, après tout comme dans Donnie Darko, mais sans que ce soit indigent pour autant, on est au contraire dans du travail d'orfèvre discret mais certain (mis à part l'autre et sa gueule partiellement "image de synthétisée"... gadget inutile, et surtout sous certains angles le contourage numérique se voit trop et c'est laid !). Et c'est parti pour un bon vieux suspense feutré, sur une base fantastique costaude et efficace, gentiment anxiogène comme il faut.

Ensuite, hé bien Richard Kelly richard-kellyse... et là, tout dépend de vous. On repart dans un bordel méta-pata-physique, avec tout un attirail lexical religieux pour impressionner l'écolier, tout en se prévalant de philosophie moderne sartrienne (mouais). On aimerait bien alors se perdre, et on sera à l'occasion un peu ému devant tout ce tragique comme on le fut devant Donnie Darko, et parallèlement, et heureusement, Kelly reste près d'un cinéma de genre à l'ancienne, très efficace, où l'on pensera à l'excellent Body Snatchers de Kaufman, mais qui vire aussi à l'occasion dans le kitsch via de l'explicatif un peu pachidermique.


Bref voilà un épisode de La Quatrième dimenson de luxe... soit où le réalisateur appose sa bonne grosse valeur ajoutée de métaphysique pas toujours finaude et complexe pour pas grand chose, j'ai bien l'impression... Même si l'on peut pester sur cette trajectoire si volontairement nébuleuse que prend le film au bout d'un moment,
ça passe ici en tout cas un peu mieux que pour Southland, puisque plus touchant voire déchirant à certains rares moments.


Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Dimanche 15 novembre 2009

(et encore une photo de l'ami Boudou ! merci à lui !)

De Judd Apatow (2009, Etats-Unis)

Je vous l'avais dit, de pas trop vous exciter sur le Apatow, même le miracle Freaks & Geeks après tout n'était pas que de son fait... parce que le mec, les chevilles désormais enflées, s'est senti obligé de faire son "auteur", soit de "réaliser" un film très grave... et bien décidé à nous déprimer autant qu'il semble l'être.
Bref ceci sera donc un bon gros film de maladie.... du moins pendant sa première heure.
Plus précisément, il s'agit de l'un de ces individus qu'on nomme "humoriste", ces êtres les plus convenus et les moins drôles qui soient, ici Adam Sandler qui apprend qu'il va sans doute y passer. Alors vous aurez le droit à tous les clichetons, à de nombreux "we need a montaaage" (comme le chante Trey Parker), sur fond de folk mielleuse, avec les regrets quant à celle que, pour une fois, l'on aimait, et qu'on a laissée filer, à quoi bon le succès et la grosse piscine si l'on est seul et qu'on baise seul des random bouche-trou de passage, bla bla bla.... ça chialotte ça chialotte en champ-contrechamps très laids (cf : la retrouvaille avec Leslie Mann).

Comme d'habitude, la nunucherie gaucho-libertaire "rock'n'roll", qui tient de pensée politique chez les critiques et Cinéphiles, verra en Apatow un méchant "réac", lors d'une deuxième partie qui, pleine de redite, nous montre tout simplement qu'il n'est peut-être pas bon de se laisser aller à détruire une bonne situation sur un coup de tête romantique ("oh la la !"), une fois de plus, c'est l'effet Kiss Cool retour de bâton du Réel de chez Apatow, très déceptif, et c'est appréciable, comme son sens du dialogue viendra tout du long nous ramener à une proximité qu'on trouve rarement ailleurs, une sorte de dédramatisation (malgré tout), cette dépressurisation réaliste ici et là.

Le tout jouit d'une photographie ultra-chic et ostentatoire... las, et comme un peu tout le temps chez Apatow, elle ne sert absolument à rien (si ce n'est à transformer sa femme Leslie Mann, le temps de quelques plans, en star Hollywoodienne de l'âge d'or).

Seth Rogen, à propos duquel j'avais ici commencé à exprimer une certaine lassitude après l'avoir tant aimé, retrouve son calme pas trop grimaçant, même si je le sens parfois mal à l'aise à certains moments (ce qui allait très bien en adolescent pour Freaks & Geeks). Quant à sa "fatter version of him", soit Jonah Hill, je confirme qu'en second rôle, ça passe beaucoup mieux, point trop n'en faut, et ici c'est juste bien.
Par contre il faut qu'Apatow arrête de se regarder filmer sa petite famille, parce que ses filles sont très mauvaises, et un peu comme Rogen dans ces séquences, on se sent en trop, on aurait presque envie de demander au "réalisateur" si on ne le gêne pas... Mais bon, ça c'est le côté très hum "communautaire" de son cinéma.

Bon, c'est parfois amusant, vite fait touchant mais trop forcé... bref son moins bon jusque-là.


Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 12 novembre 2009
De Alain Resnais (2009, France)

Alors oui c'est beau, indéniablement, le départ est envoûtant (cet habituel mou d'Edouard Baer mis à part), l'on se dit que le Resnais enterre toute la concurrence en trois minutes, et que beaucoup devraient avoir honte et se flageller en voyant ce cadrage, cette lumière, ce montage, qui donnent vraiment l'impression de classieux... mais... cela plus la musique de Mark Snow, je me demandais ce qui foncièrement différencie le salutaire luxe esthétique de ce présent Resnais, d'avec disons... n'importe quelle série télé américaine de qualité (or on connait l'admiration du réalisateur pour les séries, bien sûr !). On est tenté donc de voir en ces Herbes Folles un film très beau, ce qu'il est formellement, mais j'ai bien peur que ce soit aussi par comparaison avec le néant de la production hexagonale, et qui n'est malheureusement pas filmée par Resnais.

Sinon, on se retrouve comme devant d'autres films faits par le monsieur, à savoir un peu mi-figue, mi-raisin. La soi-disante "jeunesse" du Resnais qu'on aime mettre en avant, est quand même un peu à côté de ses pompes, pour peu qu'on n'ait pas quatre-vingts ans... Loin de moi de faire du jeunisme, mais le côté mutin du film, et même sa pseudo absurdité, nous laissent majoritairement gênés, quand ils ne font pas honte, à l'image de Sabine Azéma elle-même. Tout ça est parfois horriblement kitsch, et pas toujours volontairement j'en ai bien peur (Emmanuelle Devos... oui je sais... y est quand même moins atroce que d'habitude).
Bref on se retrouve devant une espèce de beau gâchis, duquel on ne peut qu'admirer l'esthétique, mais où l'absurde ne prend pas vraiment, trop léger, par trop naïf en réalité (car je ne veux pas dire "niais" par respect pour le boulot respectable de Resnais, qui n'est en aucun cas celui sur lequel on doit frapper, mais...).

Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 10 novembre 2009


Pas besoin de s'apesantir, relisez Guenille sur Kevin Smith, puisqu'ici il s'agit encore de la même chose. Le bis aujourd'hui : de la posture fun, cool et bien potache pour faire rire les forumeurs "+10000 !!!", celle qui bien entendu ne prend pas du tout au sérieux le bis en vérité, du moins qui ne sait en tirer que le ringard rigolard (comme le fait Juno dans l'affreux film indé éponyme !). Le film ne s'en cache pas, il est de la génération qui a grandi avec cette pseudo icône bien opportuniste qu'est Ghostbusters la pompe à fric...
Le pire, c'est qu'ici on aimerait se prendre pour l'excellent Shaun of the Dead (qui avait pour lui au moins l'originalité, et quand même plus de sincérité), avec pseudo instants tristes inside, et c'est bien entendu faux-cul à souhait, pas crédible du tout et très attendu, le film étant trop préoccupé d'enchaîner ses gags lourdingues à base de bourrinage (tant qu'à être un peu gogole, c'est plus intéressant une manette dans les mains, donc on préfèrera une courte partie de Madworld), et jouer sur sa grooosse apparition surprise (cinéma coup de coude à s'en casser une côte). Le film est assez quelconque, si ce n'est les différentes "règles" de survie que le geek cliché s'est imposé (cette tête à claques de Jesse Eisenberg), qui apparaissent en surimpression de temps à autres, amusant, mais c'est à peu près tout. Sinon Emma Stone, découverte dans Supergrave, film qui se la jouait déjà bien ("Mais tu n'aimes rien ?!", "Je n'aime rien de tes références étriquées, nuance !") sert de bonasse à frange (quelle mode capillaire vulgosse d'ailleurs).

Gadget lourdingue et branchouille, dont la connerie au millième degré et la pseudo frénésie ne sauraient cacher l'extrême mollesse humoristique ("tiens et si on foutait nos persos dans un parc d'attractions, ça fera des meurtres de zombies super drôles")... Shaun of The Dead, puisque sans doute moins friqué, était quand même plus chaleureux côté comédie, ne se résumant pas qu'à un festival de meurtres juste pour le plaisir de l'hémoglobine en 3D, son enjeu dramatique à la fin était tout à fait surprenant et déchirant, ça ne semblait pas relever de la putasserie conventionnelle comme ici : à savoir rassurer son audience geek quant à la possibilité, un jour, de pouvoir enfin se serrer autre chose que péniblement une petite grosse déguisée en Yu-Gi-Oh
à la Japan Expo.


Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 7 novembre 2009
De Andrew Dominik (2000, Australie)

Bon, c'est pas le tout, mais c'est que j'ai des requêtes de fan à satisfaire ! Et c'est le docteur Devo qui voulait absolument que je vois ce Chopper, le brigand connaissant bien mon attirance pour cette drôle de contrée
cinématographiquement qu'est l'Australie.

Bref, nous sommes en prison, Eric Bana du moins, grand criminel devenu star médiatique, et ça commence très vite très fort, et en même temps, ce ne sera décidément pas votre thriller de gros dur habituel, ni votre cynisme Dexterien raplaplat... tout ça est lourd et pue étrangement, bref mesdemoiselles, et messieurs pour ceux que ça tente, Wentworth Miller semble bien loin, désolé.
S'il fallait faire un rapprochement, je dirais que le film aurait à voir avec Gaspard Noé, le mal-aimé de la Cinéphilie qui sert les fesses (soit la grande majorité, vous savez celle qui préfère les cow-boys, Jean Renoir, les cow-boys, et toutes sortes de merdes US d'aujourd'hui pour faire genre). Le réalisateur nous plonge dans une ambiance temporellement assez étrange, les séquences traînent plus que la normale, tout ça est délicieusement désarmant. On ne saurait
dire s'il s'agit d'un film totalement subjectif, ou une histoire "objective", on ne nous prendra jamais par la main, le point de vue est incertain. C'est à la fois surréaliste et le plus sordidement réaliste. Eric Bana, que je n'ai jamais vu aussi bon qu'ici, en fait des tonnes, mais, un peu comme la mise en scène parfois, cela ne paraîtra jamais accessoire, tout ça pour servir un personnage surprenant et imprévisible. C'est parfois éprouvant, et d'une tension imparable ; le réalisateur tire parti de tout ce que propose le cinéma pour nous entraîner dans cette ambiance malsaine et absurde, que ce soit les teintes photographiques, que le son, des petits accélérés et effets de montage bienvenus et jamais vulgaires à de discrets mais élégants mouvements d'appareil, pour tenir en haleine les gens respectueux du septième art que nous sommes.
Un peu comme pour Les Soprano, l'on jouera sur un effet d'attraction-répulsion, en évitant à a fois complaisance et moralisme. Le film ne se moque pas, ni ne s'amuse du côté tueur fun (même si l'humour ne manque pas), mais tente plutôt de toucher du doigt la "logique" de son personnage. Voilà du cinéma australien comme je l'aime, et plus intéressant encore, du cinéma tout court !

Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Jeudi 5 novembre 2009
... mais toujours pas.



En espérant qu'il ait retrouvé le sol pour The Box.

P.S. - j'avais oublié qu'il avait même réussi à caser un morceau de Muse... c'te honte.



Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 2 novembre 2009
De Michael Haneke (2009, Autriche, Allemagne, France, Italie)

En fait Haneke nous fait son Village des Damnés, mais donc en étirant ça sur 2 heures et 30 interminables minutes. Tout ça est assez beau, on ne peut pas dire que visuellement l'on se foute de notre gueule, mais voilà, rien qui n'aille plus loin ou s'incarne au-delà du procédé. L'extrême roideur du film comporte ses quelques qualités, comme cette déclaration terrible de désamour du médecin, et dans l'ensemble un ascétisme rugueux qu'en clichetonnant un peu l'on pourrait rapprocher de Dreyer je présume...
En effet c'est un véritable festival de malveillances auquel on a affaire, par dessus lequel monsieur le professeur Haneke finit par apposer un contexte historique lourd pour faire genre le Mal sournois en train de poindre, qui couvait déjà là dans ce petit village de rien du tout, c'est évident que ça finirait par péter bla bla... On ne te l'assène pas, mais avec un bon coup de gros non-dit aussi subtil que la télé ensanglantée dans l'insupportable Funny Games (zzz), t'as bien compris quand même. Heureusement, on n'est pas chez Lars Von Trier, et un personnage ou deux seront là pour ne pas nous donner envie totalement de nous mettre la corde au cou devant cette humanité atroce, genre oblige (film d'auteur européen).
Au final, entre deux ou trois salutaires micro siestes, on ne peut pas dire que l'émotion ou la gêne soient très parlantes, on est vraiment devant un objet très glacial mais juste glaçant à certains moments, trop peu en tout cas pour expliquer cette insoutenable longueur.


Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mercredi 28 octobre 2009
J'étais passé un peu trop vite sur le Bo, je viens d'entendre Johnny Marr en parler, et je découvre ceci :



 


Donc la vidéo d'origine, où Johnny réaffirme son influence du punk, mais aussi du rockabilly, transcendés par sa délicatesse (therefore THE SMITHS), tout est dit, techniquement, dés les trente premières secondes :






Pourquoi vous ""embêter"" autant avec la musique des Smiths ? D'une je fais ce que je veux, mais de deux parce que ce groupe est symbolique, et vous devriez avoir compris, oui, que je ne suis pas dans le BLOGGING, mais qu'il y a ici une pensée, plus globale, un vrai point de vue, en toute humilité, qui traverse tous les supports que j'aborde, et mes coups de gueule. Morrissey le dit dans je ne sais plus quelle interview, il voulait ne pas considérer les auditeurs de musique pop comme de gros boeufs consommateurs... voilà, tout ceci est une question de RESPECT, et d'HONNÊTETÉ. À savoir qu'on peut effectivement s'adresser au grand public, certes, mais cela ne saurait être une défense fumeuse, comme pour beaucoup de vrais enculés aujourd'hui, pour refourguer leurs saloperies opportunistes, faire de la culture POP n'exonère pas l'aspiration au Beau ! Il fut un temps ou The Cure et The Smiths étaient au TOP 50 (soit vendeurs), aujourd'hui, forcément, si vous passez du Bénabar et du Beyoncé à longueur de temps, les gens vont avoir des goûts douteux, tout simplement, et les cyniques de se prévaloir d'autant plus de "leur" cher et brave public au pas.
Quand à me refourguer ce bon vieux "Chacun ses goûts", alors oui en effet chacun son petit rayon spécialisé à la Fnac, chacun son petit Twitter dans son coin, chacun ses petites marottes, ses petits posters, son petit univers gnangnan, et basta ! on ne parle plus de rien, on n'aspire plus à rien, plus d'Amour mais des petites passions, de la collectionnite culturelle...


Par B. - Publié dans : Musique - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mardi 27 octobre 2009
Je vous ai déjà fait écouter du Red Lorry Yellow Lorry ?



Bon voilà moi après ça il ne me reste plus rien... tout me paraît maniéré et surfait à côté de leur énergie, leur rock tendu comme un string sans jamais en faire des tonnes, ce côté aussi crado comme je le notais pour un autre morceau, si loin des machins généralement tout proprets prétendument rock'n'roll, sans non plus tomber dans la varièt' métallo/goth' clownesque.... On n'a pas envie de se morfondre en les écoutant, il ne s'agit pas de se complaire dans ses petits états d'âme, mais de relever la tête... apprécier cette basse (clairement vectrice d'émotion) et cette guitare qui râclent, aux "lancinances" parfois industrielles, tout en étant très dansantes à l'occasion, et la rage contenue de l'excellent Chris Reed. Il est incompréhensible que le groupe n'ait pas fait autant de bruit que les également très bon Joy Division, peut-être que Reed aurait dû se pendre aussi...


Generation ; ce par quoi tout a commencé, caché au fin fond d'une compile cadeau de Monsieur Devo (voilà maintenant que j'ai lâché le nom vous allez peut-être commencer à vous y intéresser)





Et le sur-beau Talk about the Weather, je sais, déjà mis ici, pas grave, lyrics included cette fois ! Sans doute l'une de mes chansons de l'année, voire MON HYMNE !






Well you keep coming up to me,
You keep saying that it's up to me.
You ain't nothing but a true embrace.
You ain't nothing but a hidden face.
And you're looking fair enough to me.
You just see what you want to see.
I want to know if you really care,
I want to take you way down there,
And stand in the rain and get you wet.
You say you love me but not quite yet.
I want to go out there to an open space.
Those tears to cry and show your face.
Oh I'm so soaked to the skin,
Yeah I'm so soaked to the skin.
You want to talk about the weather.

Saturation is a point.
There's nothing left you know,
Nowhere left for me to hide.
Nothing left but still alive.
To face it all and here today.
There's nothing left in you and me,
And I can't show you this inside,
If all you want to do is hide.
I want to take you out and get you wet.
You say you love me but not quite yet.
I want to go out there to a sheltered place.
Those tears to cry and show your face.
Oh I'm so soaked to the skin,
Yeah I'm so soaked to the skin,
You want to talk about the weather.

Sheltered from tomorrow,
As though it may never come.
You hide behind a wall of stone,
And then you fell you're not alone.
So face it all it's here today.
You love me in your sheltered way.
And I can't hold you in my hands,
And talk about these hidden charms.
I want to take them...
You want to talk about the weather.
Oh I'm so soaked to the skin,
Yeah I'm so soaked to the skin,
You want to talk about the weather.




Bon, allez, je vous fait économiser du temps et de l'argent, voilà la Sainte Trinité :








(à compléter avec Talk about the Weather)



...

Voilà voilà, de l'intensité, de l'originalité, de l'innovation, de l'exigence, aucune gnangnanterie ni faiblardise sucrée ni branlette, et sans non plus tomber dans je ne sais quel travers élitiste abscons, toujours très rythmé, qui ne se laisse enfermer dans un seul style...


Par B. - Publié dans : Musique - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Lundi 26 octobre 2009


De Bernard Rose (1997, Etats-Unis)

Film à costumes, adaptation d'un bon gros classique de la littérature réaliste du 19ème, Anna Karénine a tout pour faire fuir... Mais ce serait oublier qui est aux commandes, à savoir le réalisateur des excellents Candyman, Ludwig Van B. et Paperhouse, et qui nous le rappellera dés les premiers plans, en nous faisant oublier tous ces Franco Zeffirelli que le mauvais goût éternel des agents de l'Éducation Nationale nous aura infligé dans notre jeunesse.

Il y a en effet tout un tas de délices esthétiques que je ne saurais vous décrire, aussi bien du montage signifiant et rythmique, que de l'amour évident de Rose pour la grande musique qu'il emploie goulûment pour le bonheur de nos oreilles, et de la photo exploitant à merveille certains paysages de Saint-Pétersbourg sans carte-postaliser...
Mais cela reste pourtant peut-être le moins excitant des films du réalisateur que j'ai vu jusque là. Tout ça est en effet un peu froid, de telle sorte que je n'ai su le regarder d'une seule traite. Sophie Marceau, bien que très jolie, est quand même sacrément fadasse tout du long, se dépatouillant comme elle peut avec son accent français, et ne tient pas la route face aux deux acteurs de haute volée ici que sont Sean Bean et Alfred Molina.
Rose a beau régaler nos oreilles et nos mirettes, Tolstoï semble ici relever davantage des Feux de l'Amour que de la grande littérature. En effet, là où l'on perçoit que l'auteur russe voulait opposer la petite vie modeste et tranquille à la campagne (cf : séquence bucolique assez jolie du fauchage, ci-dessous), aux frasques passionnelles mais inévitablement fugaces et superficielles de la vie aristocratique, Rose semble mettre l'accent, au premier degré, sur ces dernières... Et il fait ce qu'il veut, mais on a l'impression quand même parfois de se retrouver du coup devant une bonne grosse hollywooderie bien cheap (nombreux champ-contrechamps de regards admiratifs entre Bean et Marceau, aux limites du kitsch), à la flamboyance forcée.

Bref un Bernard Rose un peu gênant, dont je ne peux nier certaines qualités esthétiques, mais qui ici ne semblent pas suffisamment faire corps avec le contenu, de telle sorte qu'on s'y emmerde un peu malgré tout ; cela dit, ça vaut bien de nombreuses harlequineries en costumes, entendons-nous bien là-dessus !




Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Samedi 24 octobre 2009
De Craig Brewer (2005, Etats-Unis)

Ce truc est sans doute le plus hollywodieux que j'ai vu depuis Welcome.

C'est l'histoire d'un maquereau, et par convenance musicale nous emploierons son sautillant équivalent anglo-saxon "PIMP", qui va croire à son rêve américain (le pauvre n'ayant qu'une seule dent en or), via hum "l'art", soit cette belle enculade qu'est devenu le rap. On me signale dans mon oreillette que le genre "pimp rap" existe de toute façon, comme de bien entendu...
Donc c'est un brave PIMP, tu vois il fait ce qu'il fait, mais ça le tiraille quand même, en même temps faut bien faire tourner le business... Et puis il va écouter une chanteuse de gospel à l'église, et là, c'est la révélation, il en chiale même (pour te dire l'humanité derrrière le PIMP !)... Il va commencer à jouer d'un petit synthé cheap, ayant comme modèle un rappeur qui a "réussi", à savoir qu'il peut afficher sa luxueuse dentition et baisouillarder de grosses vulgosses, bref toutes les aspirations du rap désormais, soit celles du parfait beauf arriviste capitaliste (pas étonnant que les médias aiment tant mettre en avant cette culture dite "contestataire").
Prêchant la bonne parole, tel un 50 Cent ou Eminem, la graine de rappeur nous dit en fait que tu peux te sortir de ta merde sociale sans sécu' si tu as des rêves, hell yeah ! Le titre de sa première création, c'est "It's Hard Out Here For A Pimp", je ne plaisante pas... "C'est dur par ici pour un maquereau".... Et c'est pas qu'il ait un projet artistique personnel, l'expression d'un caractère unique à véhiculer, non, notre PIMP veut juste devenir aussi BADASS que son modèle... autrefois il y eut le surhomme, c'était déjà douteux, aujourd'hui il y a le sur-maquereau, c'est à savoir celui qui parviendra à être le plus vulgosse et avoir le plus de putes à ses pieds, même si au fond hein, attention, il les aime ses filles.

Bien entendu si j'expose tout ça, c'est que le film ne porte aucune distance là-dessus, il ne fait qu'un avec sa dégueulasse putasserie, énième mélo "combat [d'exploiteur] de femmes", parfaitement schématique. La happy-end, cette excroissance, est particulièrement savoureuse, où un gentil montage nous montre que sa pute baise pour que sa musique passe sur les ondes, c'est beau le sacrifice (enfin là en l'occurence c'est sensé être amusant, alors que vingt minutes plus tôt la gonzesse lui gueulait dessus la larme à l'oeil qu'elle n'était pas son outil... bref), notre rappeur en herbe, même en prison, a donc gagné sa gloire puante, les gardiens sont fans (véridique), nous sommes heureux (on dirait).

Un cauchemar devant lequel je suis resté jusqu'au bout non pas tant par masochisme que par sidération.

Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mardi 20 octobre 2009


De Bernard Rose (1989, Grande-Bretagne)

Ce pourrait être un lointain descendant 80's du "Grand Classique" (néanmoins bon) La Nuit du Chasseur, et une autre excellente raison de revoir Le Labyrinthe de Pan à la lumière de celui-ci, pour constater du "cinéma" surfait de Del Toro la boursoufle.

Donc nous voilà dans un film subjectif et onirique, collant de près à son héroïne qui est une petite fille plus vraiment gamine mais ne pouvant sans doute pas tout à fait plaire encore à Roman Polanski.
Et j'aurais bien envie de rattacher ça au Peter Jackson alors encore vivant, soit l'excellent Créatures Célestes. Comme Jackson, Rose arrive à toucher parfois au sublime tout en se tenant avec exigence à l'esprit qu'il dépeint, sans putasserie psych-anal-ytiques, ce qui donnera quelques moments très éprouvants et effrayants (cf : le père bien entendu, avec ce léger accéléré... j'ai flippé ma race comme rarement ! et dont la première apparition onirique en silhouette à l'horizon nous en rappellera de suite une autre fameuse...), et des moments de grâce et de lyrisme enfantin fort émouvant, telle l'arrivée de cette ombre que je ne peux dévoiler, à la fin, au bord de la falaise (sans musique, avec le son étouffé, s'il vous plaît), objectivement ridicule sans doute, mais que Rose rend si belle pourtant parce qu'elle est cruciale pour la gamine.
Tout en nous offrant un univers onirique jouissif, jamais le design ne l'emporte comme chez Del Toro, nous sommes à l'économie et à l'efficace sobriété, et Rose travaille davantage sa mise en scène impeccable, aux mouvements d'appareil gracieux et discrets à l'intérieur de son 1.66:1 aéré, sans oublier un important travail sur le son (car le cinéma c'est avant tout la mise en image n'est-ce pas, et pas le degré de vraisemblance ni de joliesse du froufrou filmé). La petite actrice (Charlotte Burke qui apparemment n'a rien fait d'autre), sans être une merveille d'expressivité, apporte peut-être par son amateurisme un réalisme bienvenu, puisqu'un gamin, aussi pré-adolescent qu'il soit, est un individu en construction, et peut pour cela s'avérer imprévisible et antipathique.
Mis à part une ou deux réserves, concernant les envolées de synthé du Hans Zimmer parfois vieillotes, et une phrase de dialogue à un moment pas nécessaire (quand on apprend ce qui a causé cette séquence éprouvante "des coups"... on pouvait le comprendre sans que l'infirmière n'ait à nous l'expliquer, on est à ce moment Psychose-ment pris par la main), Paperhouse reste un joli petit film oublié de la part de celui qui nous confectionnera ensuite Candyman, à ranger à côté de La Nuit du Chasseur, du Alice de Svankmajer et de Créatures Célestes, soit du costaud anti-disniais sans pour autant tomber dans le dark complaisant.




Par B. - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires

'''

À voir !

Projet de Révolution à Maubeuge

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Commentaires Récents

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus