Vous prenez une femme issue de la magie du multiculturalisme par le viol "d'un allemand ou d'un néérlandais" sur une cherokee qui bossait dans ses champs de coton, et vous obtenez ce résultat hors du commun, évidemment, qu'est la métisse Eartha Kitt, parvenant, après moult misères, à choisir une option sans doute donnée à beaucoup de femmes qui n'en ont pas tellement d'autres, Loana-Style, à savoir tirer parti de son physique, ici dans l'industrie du spectacle états-unienne des années 50/60 (ce qui est cela dit certainement plus classe que nos innombrables "beurettes" échouant dans le porno aujourd'hui, voire, pire...). Car il y eut toujours ces bons vieux malins du disque pour profiter de ces Noirs désormais libérés, et leur faire goûter aux joies décadentes du show-bizz (comme on peut le voir dans le gentillet Cadillac Records)... Elle fut même Catwoman dans la série télé pop Batman, seule actrice crédible dans ce rôle avec bien sûr Michelle P. (quant à l'habituel relooking GI Joe sauce Nolan, sans commentaire). Elle n'est pas si jolie que ça, mais la folie du personnage, et cette félinité électrique dont elle joue à plein pot avec un plaisir certain (tant et si bien qu'en vieillissant elle fera de la mauvaise dance-techno au clientélisme de gay pride), rendent cette redécouverte Youteube inoubliable.
Il n'y a qu'à écouter ce tube absolument irrésistible ci-dessous, où Eartha presse son chéri de Noël de descendre sa cheminée
Et en live, c'était aussi quelque chose !
Avec Will Ferrell !!! (2009, Etats-Unis)
Un petit Will Ferrell, ça me manquait, ayant adoré Ricky Bobby (et le regretté USQ aussi qui le vit en ma compagnie –je côtoie les plus grands-), et comptant bien revoir Frangins Malgré eux (en dessous mais très drôle néanmoins), je me risquai à ce Monde (presque) perdu qui jusque-là m’avait trop fait peur, de loin, par le côté fantastico-dinosauresque, craignant un gros machin calibré, genre Pierrafeu à l’hollywoodienne pour chiards avec un Ferrell cachetonnant.
Hé bien, avec un budget assez énorme, et avec à sa tête le réalisateur prolifique de…. Casper (avec la jeune Ricci, souvenez-vous), on peut dire que mes soupçons étaient justifiés. Cela dit, c’était davantage adulescent qu’infantile, avec ces éléments lourdingues typiques de la comédie US moderne, soit scatophilie, humour de drogué etc… Quant au fric, il a dû passer en partie dans la synthèse, un peu dégueulasse, notamment pour celle du T-Rex. De fait on peut penser que c’était laid exprès, dans ce cas j’aurais aimé le geste, comme Speed Racer poussait à l’extrême la sénilité de George Lucas et la transcendait ainsi, mais ce n’était pas assez laid, c’était donc de la synthèse friquée mais mal faite. Cela dit il y avait aussi du costume, et la synthèse était parfois plus discrète pour accompagner certains décors… dont il faut bien avouer qu’ils étaient beaux, eux ! Et j’en veux pour preuve mes quelques captures (parce que souvent les blogs ou sites de cinéma pérorent pas mal sans jamais montrer quelque belle image que ce soit, j'imagine que vous avez remarqué, c'est ballot). Le réalisateur de Casper, autant dire un énième fonctionnaire de studios, n’étant pas une explication probante, je fis jouer mes contacts à Hollywood et creusai davantage du côté du directeur photo… pour tomber sur un certain Dion Beebe, oscarisé, et qui a fait pas mal de saloperies genre Green Lantern et Chicago, mais aussi Collateral, ainsi que Goddess of 1967, qui était un petit film australien, avec Rose Byrne, virant hélas au mélo familial dans sa seconde partie, mais comportant cependant quelques petites choses visuelles intéressantes, dont de beaux paysages. Ceci devait sans doute expliquer cela...
La présence de Ferrell, ainsi que celle de la petite bonasse so British de Pushing Daisies (Anna Friel), ces décors splendides, avec évidemment dans le tas toujours deux ou trois choses amusantes (tel ce crabe géant sortant de la chaleur de l'horizon, pour le coup synthèse sublime et complètement gratuite), nous faisaient oublier la longueur de la chose et son aspect parodique quelque peu grossier.
De Stuart Hazeldine (2009, Grande-Bretagne)
Oh ! Un huis-clos indé’ britannique…
Une salle, huit postulants à un emploi, une feuille mystérieusement vierge chacun, une brève présentation de l’examinateur avec des instructions volontairement très lacunaires… et un chronomètre qu’il enclenche à sa sortie faisant à peu près la durée du film, soit une heure et demie… démerdez-vous chers candidats pour savoir de quoi il en retourne exactement et ce qu’on vous demande, tiens ! un peu comme dans cet excellent documentaire La Gueule de l’emploi… et voilà, y’a plus qu’à mettre en route la machine à sartre.
Du coup, au départ, c’est plutôt excitant, on se dit que ce genre de film de scénariste, c’est un peu comme un défi que ce dernier s’est lancé, que tel un jeu de pointer-cliquer, ce décor très minimaliste finira par déployer moult petites surprises pour faire avancer le schmilblick et plus particulièrement ici l’horreur du recrutement salarial, on se demande si on va vraiment arriver à nous faire tenir une heure et demie dans cette même salle sans pour autant faire du théâtre… toujours sur le fil de la vraisemblance.
Le groupe, comme il le commente lui-même, est assez hétérogène : un indien, un noir, des femmes (dont la belle et classieuse écossaise Pollyanna McIntosh, qu’on reverra ensuite en sauvageonne captive dans The Woman)… et… un blanc… et l’on dira que je fais une fixette, pourtant je ne pouvais que rire jaune en constatant que c’est lui qui dès le départ annonce la couleur (hu hu) et allait s’avérer être le plus salaud d’entre tous. Oh ! L’indien n’est pas tout à fait clean non plus, bien sûr, mais enfin tout comme autrefois l’on se gaussait quand le noir mourait le premier, on remarquera que ce film, bien de son temps, au milieu des femmes et des « minorités », fait passer le mâle blanc pour le diable (il y en a bien un deuxième, mais qui joue le taré autiste de la bande, décidément)… C’est ainsi, maintenant que Yannick Noah est devenu président, et que les Inrocks de mes couilles font passer Morrissey pour un «possible» vilain raciste.
Au départ, la réalisation est assez léchée, et le décor se met bel et bien à servir (bon, c’est pas Cube non plus), de là en découle différentes ambiances niveau lumière, c’est amusant… Pollyanna McIntosh et son timbre un peu grave couplé à son accent me firent fondre. Mais là où le film commença à sentir le roussi, et ne s’en remit jamais vraiment, c’est lorsqu’on en apprenait un peu plus sur le contexte extérieur, et de découvrir qu’en réalité cet Exam reposait sur de l’anticipation, et non pas sur un certain réalisme contemporain. Il y a donc tromperie sur la marchandise, et je me suis dit à ce moment que le scénariste se foutait bien de ma gueule… un huis-clos d’anticipation, « How convenient ! » comme disent mes voisins. Dès lors, il était très facile de nous sortir n’importe quel élément irréaliste et gentiment science-fictionneux pour régler le problème, du fait de cette réalité alternative.
Des énigmes haletantes !
Ne restait alors plus à notre réalisateur que de montrer à quel point l’homme, il est méchant (bon, sauf le noir et les femmes, hein, faut pas exagérer), à coup de portraits et de dramatisation caricaturales, jusqu’à une conclusion complètement abrutie (et en se reposant pas mal sur une musique dramatique). Bref, voyez plutôt La Gueule de l’emploi, où l’on découvre qu’il ne s’agit pas d’homme loup pour l’homme, mais d’individus qui en chient, comme tout un chacun, pour très peu, d’un système managérial devenu fou, et qui ne sont pas prêt à tuer autrui pour ça, mais à se tuer eux-mêmes un peu, ce qui est intellectuellement plus intéressant que le sartrianisme poussif (pléonasme ?) de cette présente arnaque d’anticipation, qui avait pourtant bien commencé.
"Je pense que Sartre est un sac de vent et je vais lui donner un bon coup de pied au cul."
George Orwell
Créé par Colette Burson, Dmitry Lipkin (2009, Etats-Unis)
A la mi-2011, soit sous Barack Obama (rappelez-vous, l'ange métis providentiel), 46,5 millions d'Américains ne survivent qu'avec des tickets de rationnement (15% de la population)...
Il est assez déprimant qu'il faille aujourd'hui une série HBO (it's not tv, it's H-BObo), pour constater dans les médias mainstream que la classe moyenne états-unienne puisse se retrouver dans des tentes, tel notre présent héros pourtant prof (quand nos « journalistes » nous prétendent que le chômage recule, et que c’est la relance aux USA –à coup de planche à billets oui-… et ta sœur !).
Ceci posé, je n’aurais néanmoins pas grand-chose de plus à en dire, hélas, c’est le genre de série « chic et choc » somme toute convenue, du Desperate Housewives sauce HBO quoi ; il y a la petite dimension sociale, un héros un peu à la ramasse mais cool, du mélo familial mi-figue mi-raisin avec l’inévitable fiston gay (sic), et le tout bénéficie en tout cas d’une photographie assez luxueuse. Il me semble clairement que le pilote ait bénéficié d’un soin esthétique tout particulier (ses suites de plans fixes chiadés par exemple), ce qui me poussa à continuer. Mais dans l’ensemble j’ai peiné pour achever les dix épisodes.
Thomas Jane, assez charismatique, se retrouve donc dans une tente après l’incendie de sa maison de fortune, un divorce et, comme beaucoup d’états-uniens, après s’être fait enculer par un crédit à taux variable. Il va faire la rencontre d’une paumée lors d’un séminaire (Jane Adams, bien sûr, de chez Solondz), qui après un ou deux coïts va lui suggérer de se prostituer… puisque notre héros dispose semble-t-il d'un gros fascinus, ce qui pourrait être un argument commercial de taille auprès de la ménagère éplorée (lui dit sa paumée et future maquerelle, alors que chacun sait qu’une trop grosse peut faire plus de mal que de bien, et ne me demande pas si je parle par expérience chère lectrice).
Hu hu hu hu, ai-je envie de dire, mate comment qu’ils osent tout à HBO, trop ouf ! Evidement la co-scénariste, puisque tout ça reste avant tout un délire de fille, on s’en doute, n’a certainement pas lu PIMP de Icerberg Slim (« pimp » voulant dire maquereau), dans lequel elle pourrait s’apercevoir que son relativisme sexuel qui lui fait inverser les rôles genrés , est naturellement impossible, à part dans la tête d’une bobo féministe des années 2000 adepte de la théorie poubelle du « Gender ».
Bien évidemment il y aura aussi dans cette série de la grosse bourgeoise hypersexuelle, comme dans Sex and the City, sauf que le rôle féminin principal reste Jane Adams. HBO oblige, et s’adaptant peut-être à ses spectatrices intello citadines, Jane Adams, se retrouve là pour jouer le rôle que je lui ai toujours vu jouer, soit la pas belle mal fagotée, un peu artiste à la ramasse, timide et maladroite, avec de fait une vie affective chaotique (une sorte de manic pixie dream girl en fin de parcours)…
Souvenez-vous, ici je m’étais déjà occupé de l’hallucinant et horriblissime Hustle & Flow, le pendant relativiste en film de cette série qui nous fait passer la prostitution et le proxénétisme pour quelque chose de somme toute sympathique, ou quand les bobo d’HBO se mettent au niveau des racailles du ghetto, mais à leur sauce. Petit délire de fille, disais-je, puisque la maquerelle est ici davantage une « manageuse » qui s’occupe de la « com’ » (en bonne salariée moderne qu’elle est), et qui malgré ses velléités intello, en pince totalement pour son gagneur un peu rustre (seule chose à peu près réaliste), alors qu’un vrai pimp n’est pas amoureux, et n’hésite pas à foutre des pieds au cul et ailleurs si l’argent n’est pas là (une menace physique de tous les instants, qu’une femelle ne peut bien sûr pas imposer à un mâle, malgré ce que vous diront les gender studies et autre lobbbying homosexualisant).
Cependant l’acteur Thomas Jane est certes séduisant, et porte avec un certain naturel ce rôle de prof et gigolo maladroit, j'ai aussi assez apprécié la bonne gueule de con du fils ado, mais le rôle de la bourgeoise délurée, et quelques instants un peu trop rose bonbon, m’ont fait trop me sentir devant une série quelconque.
Ce qui ne m'empêchera pas d'entamer la seconde saison, mais sans grande conviction.
Elle m'avait mis à l'épreuve avec son coup de gueule et s'attendait à ce que je me laisse pigeonner. Elle fut déçue en s'apercevant que je restais parfaitement calme. Je la vis flancher quand je lui répondis de ma voix glaciale :
_Ecoute bien, pétasse. J'ai jamais connu une pute qui soit indispensable. Quand une pute me quitte, je fais la fête. Parce que ça libère la place pour une autre fille qui en vaudra la peine et dont je ferai une star. Et toi, sale petite garce, si je te chie sur la gueule, il faudra que t'aimes ça et que t'ouvres grande la bouche.
Des flics passèrent dans une voiture de patrouille et j'affichai un sourire de cave jusqu'à ce qu'ils aient disparu. Kim restait plantée là, grimaçant sous le vent glacé. Je poursuivis impitoyablement :
_Tu n'es qu'un minable zéro, pétasse. Avant moi, tu bossais pour un pauvre mec sans la moindre réputation. A part sa mère, personne n'avait jamais entendu parler de ce connard. Je repasserai tout à l'heure pour te mettre le cul dans le train, conasse.
Je démarrai en trombe. Dans le rétroviseur, je vis Kim marcher lentement vers l'hôtel, les épaules voûtées. Jusqu'à ce que j'aie raccompagné la dernière de mes putes, il régna un tel silence dans la Cadillac qu'on aurait entendu un moustique chier sur la lune. J'avais réussi l'examen à leurs yeux. Dur et froid comme la glace.
Un peu plus tard, je revins m'occuper de Kim. Elle avait fait ses bagages et ne disait rien. Sur le chemin de la gare, je feuilletai dans ma tête le manuel du parfait mac pour trouver l'angle d'attaque qui me permettrait de la garder sans faire le lèche-cul. Mais il ne contenait pas la moindre indication pour résoudre une situation pareille. La garce semblait décidée à pousser son bluff à fond pour me mettre à l'épreuve jusqu'au bout.
Nous étions dans le parking de la gare lorsqu'elle s'effondra enfin. Les yeux humides, elle se mit à glapir :
_Chéri, tu ne vas pas me laisser partir ? Je t'aime, mon chéri !
C'était le moment de jouer le bel indifférent pour assurer la prise.
Pimp, mémoires d'un maquereau, Iceberg Slim
De Michael Bay, qui d'autre ? (2011, "Holly"Wood)
« J’ai sauvé le monde et je galère au chômage ! »
Phrase de Shia LaBeouf dans le film, mais ce pourrait être un peu ce que je me dis en ce moment après chaque publication sur Multa.
Michael Bay… c’est un peu comme notre Patrick Sébastien, tout le monde se fout de sa gueule ou le méprise, et pourtant, nietzschement, n’écoutant pas les esclaves, il continue, imperturbable, sachant pertinemment que son public de fidèles est là.
Dès le départ, c’est un festival, Michael nous donnant sa propre vision de l’alunissage d’Apollo 11 : reconstitutions, mélangées à un peu de synthèse dont le visage de Kennedy (si vous regardez bien), eux-mêmes mixées à des images d’archives… Et où l’on apprend que si Neil Armstrong et les autres sont tous devenus sacrément bizarres après leur mission (lire cet article), ce n’est pas tant parce qu’ils auraient participé à une vaste arnaque kubrickienne comme le supputent certaines théories, non, mais bien car ils furent envoyés là pour y découvrir une pharaonique épave de vaisseau Transformers !
Et hop ! Après cette amusante introduction révisionniste, face à la manipulation des élites, Michael enchaîne sur… un cul, bien sûr ! De la grandeur, malgré tout, de l’épopée technologique et scientifique menée par l’Homme, on en revient à la Terre, caméra au ras des pâquerettes et donc à la Femme: retour au présent, vue de derrière c’est le cas de le dire, d’une bimbo filiforme ; sacré Michael !
Après, je ne sais plus trop, Michael, à l’instar des frères Quay, n’ayant aucun sens du rythme, j’ai regardé ça par tranches de 5 à 15 minutes, devant à chaque fois prendre un peu de repos face aux velléités de comédie (1h), puis de gigantisme du maître pendant une autre heure et demie (comédie absolument désastreuse, et où l’on retrouve d’ailleurs les mecs qui se la jouent chez les Coen d’habitude –Frances McDormand, et les très pitoyables Malkovich et Turturro-, ce qui montre bien qu’on peut faire dans l’auteurisme classouille puis aller toucher son gros cachet chez Bay sans trop de soucis de déontologie).
Je remarquai que le type tente de faire dans le patriotisme, mais un patriotisme benêt, un patriotisme d’Etat (cf : cette mini-séquence où l’on voit des gentils robots aller faire la nique aux arabes dans le désert), alors même que certains vétérans, toute cette frange d’hommes prolétaires ou chômeurs plus ou moins jeunes qui s’en va se faire buter pour les intérêts d’une infime poignée, commence, via les évènements de Wall Street (voir ceci), à se rendre enfin un peu compte que l’Ennemi, le vrai, est au sein même de leur pays… les arabes lointains étant un peu les extra-terrestres d’Hollywood, à savoir une fausse menace pour garder également un état de guerre abstraite (puisque lointaine) mais permanent, comme l'a bien décrit Orwell. Mais ça, bien sûr, par beauferie satisfaite et infantilisme, Bay le copain du Pentagone (lire ceci), est loin de ce genre de réflexion, tant que ça peut lui rapporter bagnoles, vestes en cuir et électronique dernier cri.
Où Michael mélange National Geographic et images de synthèse rutilantes (le concept m'amuse assez) :
Michael est en fait prisonnier de son gigantisme, de sa névrose à prouver au monde, à chaque séquence, qu'il aurait la plus grosse, et comme lorsqu'il s'agit
d'écouter quiconque s'évertuant à prouver quelque chose dont il n'est au fond pas très sûr, l'expérience s'avère épuisante.
Voir la chaîne Youtube en question.
Joueur du Grenier (JdG), c'est comme Norman/Cyprien et autres hermaphrodites qui font des Vidéos (ces espèces de Juno français qui se touchent la youteube), mais en version non-métropolitaine, donc moins péniblement branchouille, plus bonhomme, et de toute façon plus travaillée. Là où les uns parlent notamment des bobos Apple qu'ils connaissent si bien, l'autre s'amuse sur la nostalgie Sega/Club Dorothée... en bref, chacun sa merde.
Le JdG, régressif assumé et conscient, telles les productions de Angry Video Game Nerd (duquel il a pompé le concept), ne manque pas de mordant sur l'industrie du jeu (qui n'est pas un art, rappelons-le), et a fortiori, par la bande, en découle un commentaire sur notre enfance saturée de ces produits chronophages d'une société marchande en bout de course, enfance prolongée par l'adulescence, puis par la sénilescence étant donné que le gaming demeure à tous les âges désormais (passés 25 ans, entre dépenser 200 heures sur un "meuporg", ou faire un peu de sport et tenter de faire pousser ses propres fruits et légumes qui ont du goût, il faut choisir, quoiqu'on puisse tenter de concilier les trois, et dans ce cas être chômeur, ce qui devrait être de plus en plus faisable...).
Entre nous, on remarquera par ailleurs que plus l'époque se la joue anti-militariste (enfin restons humble là-dessus et attendons de voir), et plus ses hommes ont besoin de se cyber-casser la gueule (de même que plus la société est dite "moderne" avec un certain statut de la femme qui va avec, plus la consommation de porno hard humiliant augmente, comme chez les jap'... autant dire que French Bukkake est promis à un grand avenir s'il n'y a plus que des Autain au pouvoir -et dans les rues).
De surcroît, JdG fait preuve de ce qui manque souvent cruellement aux femmes, soit de recul et d'humour sur soi (sauf tout mon respect pour mes lectrices tant aimées qui ont forcément de l'humour), n'hésitant pas à faire le lien entre sa geekerie et sa loose affective, sans s'y complaire, et d'humour tout court grâce à la mise en scène, là où des Norman/Cyprien et autres métro-clones se contentent de recourir ad nauseam au même procédé de montage-zapping, récupéré par Anal +, pour rendre plus drôle leurs vignettes équivalentes à de la BD féminine. Vingt minutes qui deviennent narratives, le simple test vidéo de produit, et, pire, de jeu, étant transcendé en une épopée ou un cauchemar, de par les vieilles bousasses vidéo-ludiques traitées.
Il n'en reste pas moins que Youtube est aux séries US chronophages ce que Facebook est aux blogs, soit un sous-produit (à part pour la musique), et qu'on regarde ça un peu honteux, néanmoins la drôlerie, la sincérité et le boulot énorme derrière cette production assumant aussi son amateurisme, font que nous restons loin du vide éreintant et presque inquiétant de Nerdz, et qu'on en excuse l'ambiance geeko-beauf.
Et puis pour une fois qu'un français est un peu drôle... コケコッコ * !
*Cocorico, en japonais
Créé par Howard Overman (2009, Grande-Bretagne)
Je me suis enchaîné les six épisodes d'une heure comme un gros porc la nuit dernière... j'en conclus que ça n'a pas dû tout à fait me déplaire.
Ca se passe dans le sud de Londres, où l'on découvre encore, comme dans Attack the Block, à quel point certaines parties de cette ville sont devenues aussi laides que le 9-3 (je comprends que le Morrissey se soit cassé, réfugié dans sa villa de Los Angeles où il prend tranquillement le thé avec la fille Sinatra entre deux poussifs concerts de par le vaste monde). Cela étant, le cadrage, lui, est beau ! Il y a une unité de lieu tout du long, et les plans de transition, propres à n'importe quelle série, étaient légions et réfléchis, que ce soit de traviole, avec filtre, ou au coucher du soleil, les réalisateurs brit' ont su rendre assez vivant cet endroit gris et bétonné, hérissé de ses quatre barres HLM. En France, un intermittent subventionné nous aurait sûrement fait des plans tout crasseux à l'épaule pour te montrer à quel point que c'est dur la té-ci...
Et tout le reste était à l'avenant, c'est à dire que loin d'une merdouille US kitsch et surfaite comme Heroes, l'esprit était relax, réaliste, toujours un peu humoristique tout en sachant se faire dramatique au besoin. Nous suivons ces vieux ados en corvée de travaux d'intérêt général, tous très attachants (y compris, et surtout, dans leurs imperfections), qu'un orage mystérieux a rendu PLUS OU MOINS thaumaturge, telle que la capacité à remonter le temps (orage qui semble avoir touché absolument tout le monde). Je dis bien plus ou moins, puisque la métisse de service, par exemple, se retrouve avec le "pouvoir" de transformer en quasi violeur de sa certes ragoûtante personne n'importe quel homme attouché par elle, ses partenaires, sans aucun préliminaire et comme possédés, oubliant tout une fois le contact charnel rompu (rien que de très normal, diront certains misogynes), la forçant donc un peu à la continence, ou du moins au tantrisme (revenu minimum sexuel de bonnasse oblige). Très drôle, le personnage le plus insolent semble lui ne pas avoir de pouvoir, ne cessant de chercher quel pourrait être son don...
Une série, c'est un consommable, mais une série qui fait deux ou trois efforts côté esthétique, permet un tant soit peu de transcender le simple produit narratif fleuve. Aussi, lorsque je voyai ces deux persos se parlant au baby-foot, et qu'en guise de champ-contrechamp, la caméra fait de gros plans non pas des acteurs mais de leurs figurines footballistiques respectives... j'étais content qu'un procédé par l'image puisse me faire sourire, c'était dynamique (un peu comme je le fus dès l'intro de l'excellent Three O'Clock High, pas besoin d'aller chez les frères Quay, Dieu merci!). De même, lorsque par une espèce d'inversion des valeurs, assez assumée, nos héros se retrouvent envahis par de jeunes embrigadés-zombifiés d'une ligue de vertu tentant de les faire rentrer dans le droit chemin - quelle horreur ! -, afin d'éviter la contamination morale, chacun se pare de son Ipod duquel il fait rugir la "playlist"... très rapidement, le réalisateur pervers s'amusait, en faisant se superposer du Kraftwerk à du Prodigy ainsi qu'à... du Lady Gaga.
En fait, loin de me donner envie de me lancer dans une critique de la jeunesse (puisque les personnages sont aimés, et donc aimables malgré tout), ou dans le reproche d'un éventuel jeunisme complaisant de la série, je dois avouer que cette dernière m'a fait me sentir un peu vieux... J'avais l'impression de découvrir le Eerie Indiana (série fantastique enfantine des années 90 par Joe Dante) d'une nouvelle génération... soit des aventures extraordinaires dans un cadre ordinaire, avec un petit fond social. Je ne suis plus un jeunot, d'autres arrivent derrière moi, à l'époque qui est la nôtre, avec les gros défauts qui sont les siens, à mon tour désormais de sombrer dans l'anonymat de la vie adulte et de son chacun pour sa gueule et sa petite tribue.
De Bobcat Goldthwait (2011, Etats-Unis)
"No one has any shame anymore, and we're supposed to celebrate it."
Notre héros n'est ni une femme, ni un jeune, ni un
sémillant métis, bref autant dire qu'il n'est pas le chouchou de notre modernité en fin de règne... Sa fille, qui a dix ans environ, habitant chez l'ex-femme qui elle s'apprête à se remarier et
regoûter ainsi le vagin de ses vingt ans, appelle en pleurs car cette dernière lui a offert un blackberry alors qu'elle voulait un iphone.... dans le même temps, et c'est peut-être là l'une des
seules vraies idées de cinéma dans le film, la caméra filme la télévision que regarde notre héros, le son coupé, la voix geignarde de sa fille synchronisée avec la pétasse de télé-réalité... N'en
jetez plus, on a bien compris, et sans doute notre héros aussi, que ce monstre qu'il a au téléphone deviendra l'émétique petite bourgeoise de la télé... Pour achever le tout, notre héros vient de
se faire remercier de son emploi salarié, car la grosse hôtesse d'accueil qu'il tentait si timidement d'approcher l'accuse de harcélement sexuel....
Noyé dans cette sentine qu'est la télé, donc encore un peu plus dépressif (quiconque peut supporter et regarder encore régulièrement la télévision aujourd'hui étant un con), notre héros s'apprête à se tuer...
"L'inclination au suicide est caractéristique des assassins timorés, respectueux des lois; ayant peur de tuer, ils rêvent de s'anéantir, sûrs qu'ils sont de l'impunité" écrivait l'humoriste Cioran. Justement, notre héros, devant cette télé qui ne peut que rendre fou, décide de ne pas être timoré, et, dans un élan tout vétéro-testamentaire, de s'engager dans une expédition punitive visant les indésirables cathodiques notamment, le tout illustré par un tube rock guilleret, ciné indépendant oblige.
Sur son chemin, il va rencontrer son inévitable manic pixie dream girl, figure féminine archétypale du cinéma indé états-unien des années 2000 (telle que définie ici, ou sur Wikipedia) - et qu'on trouve sinon en masse sur les réseaux 2.0 dits "sociaux" -, une certaine Tara Lynne Barr avec des gros airs de jeune Christina Ricci (cette dernière, elle, étant depuis le temps "devenue femme" comme on dit, à savoir une coquette pouf imbue de son petit capital viandaire, tant convoité par les laudateurs crevards "devenus homme").
Là où j'ai bien ri, c'est qu'entre deux longues listes godardo-tarantiniennes de nos Bonnie & Clyde obamaniens quant à ceux qu'ils devraient éliminer (dialogues parfois énervants), notre héros finit par taxer son arrogante pimbêche de JUNO (THE manic pixie en chef, que l'on a assez détestée), donc le réalisateur était quand même un peu conscient de ses codes. Et bon an mal an, ce Seul contre Tous en Converse est divertissant (pas plus), sauf qu'il faudrait commencer à s'apercevoir qu'il y a plus important à envahir que les plateaux de télé...
De Ronnie Cramer (1991, Etats-Unis)
Je ne connaissais rien de ce film, si ce n'est que le titre m'amusa suffisamment pour creuser un peu. CEPENDANT, qu'on me laisse rapidement revenir sur ce dernier. Une petite pratique de la femme, de près ou même de loin, devrait nous faire dire que ce titre est incorrect. "Même Hitler avait une copine", c'est en effet un contre-sens qu'introduit l'adverbe invariable "même" (even)... Quand bien même un mâle a plutôt intérêt à s'afficher "de gauche" pour ne pas faire fuir la gazelle, le désir de cette dernière, lui, ainsi que sa conquête (!) est tout sauf "de gauche" et égalitariste !! Dans ce cas, Hitler, l'une des grandes premières stars du rock qui organisait des meetings au succès tel que seuls les concerts de pop stars industrielles purent les égaler, ne pouvait que combler la soif de chef de file, de "bonhomme responsable" sachant gérer, qui va de paire avec la conquête et la consomption féminine. A l'opposé, n'importe quel type enchaîné au fin fond de l'ergastule du RSA (que ce soit de sa faute ou pas) doit bien avoir compris qu'il ne suffisait pas d'être "de gauche", et "gentil" pour accéder au Saint Graal. Donc EVIDEMMENT qu'Hitler, comme tout chef par ailleurs, avait une "girlfriend" (of course ! et pas "even").
Maintenant, au sujet du contenu, il s'agit d'une espèce de vieux machin indépendant ultra underground et fauché, filmé avec les moyens du bord, au tout début des années 90...
Notre héros, trentenaire à bedaine et bossant de nuit, produit de son temps, n'a en effet rien d'un leader charismatique. Au contraire, il s'amuse même à aller espionner des gens plus chanceux
que lui, dans leur intimité. Jusqu'au jour où, de molle branlette lasse (à noter qu'on ne voit rien de trash, et tant mieux), il va tomber dans le piège du sexe tarifé... et finira par se filmer
lui-même (grâce à la démocratisation de la caméra, qui à la même époque nous donna feu l'émission Video Gag avec monsieur Montiel).
Je me suis demandé si je n'étais pas tombé devant un vieux film érotique, étant donné les looongues séquences de striptease soft et d'auto-pétrissage mammaire que notre héros pré-youporn
s'inflige sur le câble payant (l'écran de la télé devenant celui du film), en plus par de douteuses beautés au look bien de leur temps (soit ces cruches chevelues genre Alerte à Malibu, mais
version fauchées -exemple-).
Hé bien malgré tout, malgré aussi la répétition un bon paquet de fois du même plan de transition consistant en un accéléré de ciel gris nuageux (???), on s'attache à ce non-destin de peeping tom
et à cette lente chute dans l'addiction à la Brain Damage (toute proportion gardée) sans le
fantastique, grâce au grand naturel attachant de l'acteur : un certain Andren Scott, qui a fait un film avant, puis la suite d'icelui trois ans après avant d'être abattu pendant un cambriolage.
Le budget infime, un certain kitsch apporté par la patine des années couplés à un savoir cinématographique hasardeux, renforcaient un peu le pathétique de l'ensemble, et le sentiment
d'enfermement de ce type.
De Koen Mortier (2007, Belgique)
Film flamand ; velléités punks à Ostende... Un écrivain
répond à l'annonce de trois cas soc' qui veulent monter un groupe de rock/punk afin de participer à un concours. Il faut avoir un handicap pour faire partie du groupe.
Tout du long, ce personnage de l'écrivain, en gros le protagoniste à peu près normal placé au milieu de cette tératologique tourbe humaine, était là afin que le spectateur hipster puisse se raccrocher à lui (malgré tout), pour moquer et critiquer le lumpen flamand. Ce n'est ni plus ni moins qu'une émission de télé-réalité à la Confessions Intimes, mais avec en valeur ajoutée du rock'n'roll, du sang et de la bite pour ceux qui regardent Arte (du Jackass pour mélenchonistes)... ça prétend aimer se salir, ça veut se donner des petits frissons de crassouille, mais pas trop quand même, il faut toujours une soupape...
La baise passionnée, au ralenti et avec une petite bonnasse propre sur elle, c'est pour l'écrivain, dans son appart' "stylé" avec produits Apple et vue sur la mer, par-contre pour le pédé pauvre à la teinture blonde de mauvais goût, c'est l'anus littéralement défoncé dans les chiottes d'un bar à métalleux... ce qui est sans nul doute la réalité, j'en conviens ! Le film assumait le cynisme de son protagoniste, ce dernier déclarant clairement dès le début que cette descente en Enfer pouvait être révoquée par lui à tout moment, pour revenir au confort, avec suffisamment de matière sulfureuse pour en faire un bouquin ; dans un dernier festival de gore, le réalisateur s'amuse avec ce montage parallèle assassin. Ceci étant les trois mongoliens sont si poussés (faisant passer Trainspotting pour un épisode de Twilight), que l'homophobie assez prononcée de l'écrivain, ainsi que ses dernières actions, passent pour une espèce d'amoralisme et de défouloir proche de celui d'un Patrick Bateman. Il me semble que le film prenait parti pour lui.
Le nihilisme, l'esprit dit "punk" (qu'on vend gentiment dans les Fédérations Nationales d'Achat des Cadres), ça va faire bientôt au moins 40 ans que l'on s'en farcit au cinéma et sur Canal Pute (via Groland)... Et ce n'est ni plus ni moins qu'un divertissement comme un autre, un consumérisme alternatif tout aussi segmenté. Ca me rappelle ce sketch de The Onion sur Lars Von Trier, qui décrivait ses thuriféraires comme suit : "les jeunes professionnels urbains qui sont le plus dans le besoin d'avoir leur ego brisé". Ceci dit il y a plus de cervelle dans le nihlisme conséquent de Trier que chez Mortier le clippeur, dont les quelques petits trucs visuels là-dedans (perso' qui marche au plafond, le rembobinage du générique) divertissent tout juste, mais sans l'humour et la spontanéité des premiers John Waters (de même que vous pouvez ressentir comme une espèce de naïveté lorsque vous regardez des couvertures de Hara Kiri aujourd'hui).
De Act Up (1995, Etats-Unis)
En fait je m'en fous assez, si ce n'est, hélas, que pour beaucoup d'entre nous, "Batman à Jamais" (traduction canadienne) reste un souvenir d'enfance, tellement celui-ci était attendu, tous encore traumatisés que nous étions par Batman 2 (je le suis toujours) ainsi que la série animée qui en découla... et tellement ce troisième opus dut être markété à fond, rouleau compresseur quelques mois avant la Playstation dont nous fûmes les pleines victimes consentantes (hum, à vrai dire j'ai encore une tirelire Batman à Jamais, là, à quelques centimètres de moi, sur laquelle le p'tit Robin y arbore fièrement son armure à tétons, et Jim Carrey son costume moule bite...).
En réalité, le seul intérêt relatif là-dedans, c'est que le petit Multa dut pressentir, grâce à un certain Goldenthal, qu'il faudrait en arriver à Wagner (appréciez l'ironie de la chose). C'est bien la musique très pompeuse qui me marqua dans ce film, de toute évidence pas adaptée du tout à cette connerie de film hybride où le réalisateur fit la transition entre le baroque de Burton (ici producteur histoire de) et sa tentative de retour gay-psyché au Batman des années 60, avec des moyens de blockbuster (ce qui fut accompli avec son successeur, dont la nullité fut plus agressive encore, raison pour laquelle sans doute on en parle encore chez les nanardeux aujourd'hui, les gens n'aimant pas trop qu'on se foute de leur gueule à ce point-là).
Bref, Batman et Wagner, voilà le genre de petit rapprochement Multa Paucis que j'aime assez :
Je me disais bien que ce film m'était un peu familier, puisque je l'avais survolé pour en faire les captures de la critique élogieuse du collègue Rasko... à laquelle, je suis désolé, je me dois de porter la plus complète contradiction aujourd'hui !
Je n'aime décidément pas les frères Quay.
Souvenez-vous, déjà, leur Accordeur de tremblements de terre (sic) m'avait paru
d'une boursouflure stylistique poétisarde absolue... hé bien ce fut exactement la même chose ici ! Au départ, c'est tout de suite très lent, mais je me disais qu'avec peut-être un peu de
patience, ce noir et blanc sur-léchouillé, cette sorte d'anti-initiation d'un protagoniste un peu naïf au sein d'une ambiance onirique viciée-vieillote pourrait nous donner un cousin de
Eraserhead... mais bien mal m'en prit ! Préparez les napperons, et le petit doigt levé, nous sommes dans une caricature de film d'auteur, se complaisant dans son absurdité snobinarde, par exemple
avec ce genre de ligne de dialogue amphigourique, chuchotée avec le balai dans le séant de rigueur :
“Parfois, il y a plus de vie dans l’ouverture
d’une porte que dans une question."
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Ne reste donc que ce noir et blanc glacé, sur-expressionniste, sorte d'enfilement de beaux clichés précieux, s'enchaînant dans un non-rythme totalement soporifique. Heureusement que le micro, peut-être dû à une erreur de projection (ou pas), se mit à dépasser de l'écran ici et là, comme une sorte de grosse couille dans le potage maniériste, et qui permit un tant soit peu de me sortir de ma torpeur.
Mais soyons sérieux, ce sont les "frères Quay", faisons donc place à la grande Université française, et son petit langage abscons fermé sur lui-même spécialement pour initiés afin de cacher ses lieux communs et ses deux idées, et pour lequel ce film semble être fait sur-mesure :
"À travers la porosité des frontières topographiques, l’usage singulier de la parole et l’hybridation animale, le film explore toute l’ambiguïté qui couve sous les certitudes perceptives. Il crée un univers flottant et incertain dans l’entre-deux de la perception et confronte, dans la puissance poïétique de la fiction, l’homme avec ce qui lui échappe et avec ce à quoi il tente d’échapper. C’est dans le rapport du sensible et de l’intelligible que l’être, dans le film, fait l’expérience de lui-même."
D'une petite prof, cela va de soi.
(Didier Bourdon était le meilleur des Inconnus, bien loin devant les deux autres)
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