Dimanche 15 novembre 2009

(et encore une photo de l'ami Boudou ! merci à lui !)
De Judd Apatow (2009, Etats-Unis)
Je vous l'avais dit, de pas trop vous exciter sur le Apatow, même le miracle Freaks & Geeks après tout
n'était pas que de son fait... parce que le mec, les chevilles désormais enflées, s'est senti obligé de faire son "auteur", soit de "réaliser" un film très grave... et bien décidé à nous déprimer
autant qu'il semble l'être.
Bref ceci sera donc un bon gros film de maladie.... du moins pendant sa première heure.
Plus précisément, il s'agit de l'un de ces individus qu'on nomme "humoriste", ces êtres les plus convenus et les moins drôles qui soient, ici Adam Sandler qui apprend qu'il va sans doute y passer.
Alors vous aurez le droit à tous les clichetons, à de nombreux "we need a montaaage" (comme le chante Trey Parker), sur fond
de folk mielleuse, avec les regrets quant à celle que, pour une fois, l'on aimait, et qu'on a laissée filer, à quoi bon le succès et la grosse piscine si l'on est seul et qu'on baise seul des
random bouche-trou de passage, bla bla bla.... ça chialotte ça chialotte en champ-contrechamps très laids (cf : la retrouvaille avec Leslie Mann).
Comme d'habitude, la nunucherie gaucho-libertaire "rock'n'roll", qui tient de pensée politique chez les critiques et Cinéphiles, verra en Apatow un méchant "réac", lors d'une deuxième partie qui,
pleine de redite, nous montre tout simplement qu'il n'est peut-être pas bon de se laisser aller à détruire une bonne situation sur un coup de tête romantique ("oh la la !"), une fois de plus, c'est
l'effet Kiss Cool retour de bâton du Réel de chez Apatow, très déceptif, et c'est appréciable, comme son sens du dialogue viendra tout du long nous ramener à une proximité qu'on trouve rarement
ailleurs, une sorte de dédramatisation (malgré tout), cette dépressurisation réaliste ici et là.
Le tout jouit d'une photographie ultra-chic et ostentatoire... las, et comme un peu tout le temps chez Apatow, elle ne sert absolument à rien (si ce n'est à transformer sa femme Leslie Mann, le
temps de quelques plans, en star Hollywoodienne de l'âge d'or).
Seth Rogen, à propos duquel j'avais ici commencé à exprimer une certaine lassitude après l'avoir tant aimé, retrouve son calme pas trop grimaçant, même si je le sens parfois mal à l'aise à certains
moments (ce qui allait très bien en adolescent pour Freaks & Geeks). Quant à sa "fatter version of him", soit Jonah Hill, je confirme qu'en second rôle, ça passe beaucoup mieux, point trop n'en
faut, et ici c'est juste bien.
Par contre il faut qu'Apatow arrête de se regarder filmer sa petite famille, parce que ses filles sont très mauvaises, et un peu comme Rogen dans ces séquences, on se sent en trop, on aurait
presque envie de demander au "réalisateur" si on ne le gêne pas... Mais bon, ça c'est le côté très hum "communautaire" de son cinéma.
Bon, c'est parfois amusant, vite fait touchant mais trop forcé... bref son moins bon jusque-là.
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