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Dimanche 9 mars 2014 7 09 /03 /Mars /2014 17:12

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« Autrefois, on pouvait dire que ce qui constituait une génération, c’était une expérience historique singulière, de pouvoir par exemple se souvenir de ce qu’était le monde avant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, chaque génération (ou demi-génération, ou quart de génération, le cycle de renouvellement des choses étant plus court désormais que celui du renouvellement du matériel humain) est marqué par un moment de la consommation, un stade de la technique, des modes crétinisantes et universelles : plus que quoi que ce soit d’autre, on est le contemporain de certains produits de l’industrie, et c’est en évoquant des souvenirs de téléspectateurs qu’on se reconnaîtra avec d’autres une jeunesse commune. »

 

L'abîme se repeuple (1997), Jaime Semprun 

 

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Lundi 17 février 2014 1 17 /02 /Fév /2014 18:55

« C’est difficile de retirer tout le maquillage quand vous êtes une vieille pute. Mais c’était nécessaire, c’était très sain et il fallait que je le fasse. » Ingmar Bergman    


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Mercredi 5 février 2014 3 05 /02 /Fév /2014 11:41
J'avais bloqué sur un ou deux élèments niais que je reliais à l'esprit "film indé", mais qui sont en fait davantage plus ou moins relatifs au sujet traité (quelques niaiseries inhérentes aux débuts de deux êtres sexuellement stimulés). Et l'air de rien, c'est pas si mal. Marc Webb a réussi à faire une comédie romantique à la fois pimpante et toute en spleen, suffisamment originale et iconique pour représenter son temps mais sans ironie, avec une narration non-linéaire tout en restant parfaitement abordable, respectueuse de ce qui l'a précédé, sachant faire sa petite référence geek à Star Wars de façon cinématographique sans matière grasse ajoutée, et sans oublier la Nouvelle Vague à laquelle il doit effectivement beaucoup comme souvent dans le ciné indé' US moderne (il y a de la Anna Karina chez la hipsteuse Zooey Deschanel qui connait ses classiques), ainsi que Resnais, sauf que lui comme Godard n'ont jamais tellement réussi à dépasser leur auteurisme théorisant froid, ce que parvient à faire 500 Jours par la pop. Et ça donne envie de revoir Le Lauréat.

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Par B.
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Samedi 1 février 2014 6 01 /02 /Fév /2014 21:39

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Ah Zooey Deschanel... j'en avais même fait une bannière d'après le film de Chiamalane. Rapport tumultueux avec cette actrice, qui est la quintessence de l'indie superficiel, et que je ne peux cela dit m'empêcher de redécouvrir à chacun de ses nouveaux produits.

 

À l'époque de 500 Jours Ensemble, sucrerie romantico-mélancolique pour jeunes cadres dynamiques mais tristes et/ou demi-bourgipster ayant au moins le bon goût d'écouter les Smiths, j'avais par exemple visionné mille fois ce petit clip promotionnel flamboyant et mignon comme tout avec les deux acteurs :

 

 

qui n'était pas sans rappeler finalement un peu celui qu'avait fait Paul Thomas Anderson pour sa copine de l'époque, l'également indie pop et néanmoins sympathique Fiona Apple, à voir et revoir ici : Paper Bag.

 

On a bien là d'ailleurs, que ce soit chez PTA ou Zooey, cette même fascination nostalgique, peut-être fantasmée, pour l'Amérique étincelante des années 50 et début 60 (cf. on repense à l'introduction rétro-chic de The Master), sans trop d'ironie post-moderne (ce sont plutôt les séries ou autres jeux vidéo qui s'en chargent, très bien parfois comme les Fallout), celle qu'on retrouve aussi par ailleurs chez David Lynch comme véritable symbolique de l'innocence perdue.

 

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Zooey Deschanel, c'est clairement notre nouvelle Audrey Hepburn, et qui a sans nul doute grandi davantage avec Julie Andrews qu'avec Madonna, on ne serait pas étonnée de la voir incarner une néo-Mary Poppins (ce grand film punk) si les nababs poussaient l'horreur du remake jusque-là (il semblerait plutôt qu'Hollywood ait décidé de faire un film de coulisses dépeignant la confrontation de Walt avec l'auteur de Poppins : Dans l'Ombre de Mary). Il n'y a qu'à écouter aussi la pop qu'elle confectionne avec son petit copain, qui a beaucoup à voir avec de la vieille et attachante pop-folk sudiste à la Patsy Cline.

 

Une nouvelle Audrey Hepburn/Julie Andrews, certes, mais perdue au beau milieu des années 2000, du coup c'est film indie et sitcom dans une Amérique au chômage plus si étincelante que ça... d'où le décalage qu'elle semble certes surexploiter afin de manger (y compris dans une pub pour Apple), et dont joue aussi un peu New Girl, innocente sitcom de colocation/remplissage de temps/vie par procuration, à la How I Met' où Zooey y est star. New Girl a cependant une galerie de personnages sans doute un brin plus proche de la majorité, contrairement à la galerie de CSP+ new-yorkais de How I Met', même s'il y a aussi clairement un Barney (en la personne de Schmidt l'avocat au sein de notre petit groupe d'amis). 


 

Regarder Zooey et ses beaux yeux bleus énormes faire ses simagrées, ça en revient à s'enchaîner des craquantes vidéos de chatons, de l'anti-Park chan wookisme en somme. Néanmoins, je lisais cet article qui parlait de l'assexualité du modèle de femme tel qu'incarné dans cette sitcom (bien que son personnage s'essaie à plusieurs partenaires), ce qui est assez vrai (d'où aussi le rapprochement avec Mary Poppins) : Zooey est une Hepburn de son temps, une fois encore, soit bien plus lisse, plus marketée que la femme originale et sophistiquée qu'incarnait Audrey (et aussi bien plus adulescente), une sorte de copine arty fofolle, une mignonne poupée hipsteuse, mais qui, si elle existait en réalité, serait parfaitement insupportable (et hélas il y en a). Il n'empêche que la naïveté, à ne pas confondre avec la niaiserie, est en fait devenue une originalité, voire une relique kitsch mais du coup et malgré tout précieuse à l'heure où l'on s'agenouille devant un trône de fer...

 


"I like being feminine. I think it’s good to be feminine. We don’t need to look like men or dress like men or talk like men to be powerful. We can be powerful in our own way, our own feminine way.”

Zooey Deschanel

 


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Mercredi 29 janvier 2014 3 29 /01 /Jan /2014 17:22

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Mercredi 22 janvier 2014 3 22 /01 /Jan /2014 12:43

On est donc passé de lui (qui écrivait notamment cela) :

 

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à ça :

 

http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02422/the-hobbit_2422493b.jpg

 

Oui, c'est violent. Je pouvais encore admettre un certain charme au premier Hobbit, bien que déjà bourré de grossiers remplissages évidents, tel le duel des géants de pierre si gratuit et stupide, le petit boss orc de fin de niveau (et blanc cette fois-ci, histoire de faire plaisir aux universitaires "antiracistes" états-uniens tarés), la tentative assez grossière là aussi de raccrocher les wagons avec la première trilogie (quitte à en être parfois une photochopie par pans entiers comme ici), et puis encore et toujours tant de laideur numérique... il y avait sinon cette longue introduction qui trainait dans le Shire avec moult boustifaille, il y avait des chants, bref, ça pouvait ressembler encore à du Tolkien, malgré tout, tout comme le premier Communauté de l'anneau, bien qu'étant un empilement de séquences, me semble être in fine le plus supportable de la trilogie originelle.

 

Mais alors ici, nous avons la démonstration la plus étincelante de tout le cynisme mercantile de l'entreprise, qui ne se cache presque plus. Ce segment ne sert à rien, et finit d'ailleurs tel un mauvais épisode de feuilleton au cliffhanger kitschissime, plus de deux heures d'action stupidement longue pour en arriver péniblement à l'annonce de l'attaque du dragon sur le village... Effarant ! On notera aussi l'ajout de gras hollywoodien histoire de tordre Tolkien dans les conventions américaines de la fiction industrielle, notamment par un triangle amoureux sans intérêt, ainsi qu'un personnage de Xena princesse guerrière, tout comme il y en avait déjà pas moins de deux dans la trilogie précédente.

 

Bref, la seule chose correcte de ce Hobbit 2, c'est sa galette à la frangipane ! Si vous voulez de l'heroïc fantasy enchanteresse, épique et soignée esthétiquement, il faut plutôt se diriger vers les années 80 sans synthèse, soit vers Excalibur et Legend.

http://www.nouveautes-promo.com/pica/carroufgalettes.jpg

 


P.S. Et puis il y a ma Kristen et ma Charlize dans le pré-raphaélito-pop Blanche-Neige...


Par B.
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Mercredi 1 janvier 2014 3 01 /01 /Jan /2014 21:16

De Park Chan Wook (2013, Grande-Bretagne, Etats-Unis)

 

Wentworth Miller, acteur star de Prisonbrèke, a fait un scénario : où l'homme est un violeur, tueur, agresseur, et la jeune femme une névrosée sexuelle apathique qui se branle sous la douche en repensant au meurtre de son presque violeur (siiiiic) par son oncle désiré, et la mère révèle faire des gosses par dépit et pour cacher son propre échec... T'as vu tout ça où Wentworth ? en Californie ? ou alors t'as juste bien forcé le trait pour faire artiste ?

 

 

Les acteurs sont froids, on se croirait chez Haneke, de la Kidman dont le visage en plastique n'est plus qu'une monstrueuse caricature d'elle-même, à la petite polonaise inexpressive Mia que nous découvrîmes de triste mémoire dans l'affreux Alice de Burton (une spécialiste de la froidasserie, donc, qu'on ne fut pas étonné de voir en Jane Eyre dans l'adaptation récente). Et l'homme, Matthew Goode, qui a ce physique ultra-aseptisé et carré de l'apparent winner nord-américain, le Patrick Bateman en puissance quoi, incarnant le tueur collé-monté comme dans Watchmen, un enculé oui, mais swag !

 

La "philosophie" nous est présentée dès le départ en monologue, où Mia nous dit qu'elle est comme ça, demi-tarée, c'est comme ça et c'est tout, nous ne sommes pas responsables de ce que nous devenons, j'assume ma nature de névrotique crypto-serial killer... La toute fin rendra cette posture tout à fait iconique et "cool". Et là nous ne parlons pas de Ripley dans Alien 2 ou 3, donc, qui s'endurcissait de par la tragédie qui lui collait aux basques, mais davantage de cette coolitude glorifiant le sadisme, typique du cinéma indé' chic états-unien, comme on trouvait encore récemment dans God Bless America.

 

Pour épater la galerie, le techniciste Park nous montre qu'il a lu en entier le pdf d'instructions de son logiciel de montage (pour faire des espèces de révélations à rebours à la Nolan -sic-), il surmixe aussi quelques sons pour la forme, ça fait classe, et met parfois sa caméra de travers histoire de (ça fait bizarre et "hitchcockien"). C'est si élégant et esthétique, la violence !

 

Il en résulte bien sûr que tout ça est involontairement clownesque (tout est archi-prévisible en plus d'être prétentieux), si ce n'était pas si effarant de constater qu'on puisse révérer un tel machin, qui cependant est parfaitement à l'image de son temps : confondant cynisme avec intelligence, malsain et clinquant. Park Chan-Wook, une énième fausse idole de plus consacrée par une presse cinéphilitique sans goût.


Par B.
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Jeudi 26 décembre 2013 4 26 /12 /Déc /2013 17:36

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Créé par Steven Knight (2013, Grande-Bretagne)

 

Une série composée pour le moment de six petits épisodes - qui vient d'être renouvelée pour une seconde saison - avec dans le rôle principal l'un des derniers rares bons acteurs qui soient : Cillian Murphy, impérial, fascinant et subtil sans se forcer comme d'habitude, ainsi que Sam Neill qui sera son ennemi (duel jouissif), des gonzesses magnifiques, que ce soit l'envoûtante et classieuse oxfordienne Annabelle Wallis en espionne, ou encore une charismatique Helen McCrory dans une espèce de rôle à la Mama Dalton, pour nous évoquer un contexte assez rare chez les images qui bougent, soit l'entre-deux-guerres dans l'industrielle et poisseuse Albion du côté des gangs irlandais dont la plupart des membres sont revenus chamboulés de la Grande Guerre, voilà qui est intéressant.

 

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Evidemment, côté mise en scène, la BBC a mis le paquet, c'est la classe absolue : stylisation de néo-film noir, lumières et cadrages soignés, reconstitution historique fascinante, aidée très légèrement par du synthétique discret sur quelques plans larges, et ces acteurs qui fument et fument encore, mais non pas pour nous faire une critique post-moderne à rebours à la con tel que dans Mad Men, mais parce que c'est l'époque et voilà tout, et de retrouver du coup ces postures de films hollywoodiens classiques de beaux et élégants acteurs avec une clope à la main. Au-delà des acteurs de tête très iconiques et flamboyants, on aura aussi le droit à toute une galerie de pures "gueules" british (bien plus proches de la réalité et du temps d'ailleurs).

 

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Là où peut-être Steven Knight a forcé sur la coolitude, c'est au niveau de sa bande-son tarantino-sofiacopolifiante, on pourrait davantage parler de playlist ici, puisque nous aurons le droit à tout le contenu de son Ipod de britannique dans le vent, moderne, de Nick Cave aux White Stripes, tout ce petit chic'n'roll qui le fait bien pour illustrer ce récit des années 20... mouais, un peu systématique et branchouille, surtout lorsque sur des ralentis pour mieux montrer que, quand même, ils sont tellement classes ces ultra-délinquants mafieux. De même que le coup des analepses guerrières françaises est peut-être un peu attendu. 

 

Mais bref, dans l'ensemble, voici une énième preuve que ce n'est plus tellement dans les salles obscures que les choses se passent. On pourrait peut-être créer des logements sociaux avec les cinémas.

♥♥♥♥♥♥♥♥♥

 

 

 
Par B. - Publié dans : Séries
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