
De Mike Judge, donc (2009, Etats-Unis)
Le héros ici, c'est Jason Bateman, petit patron capable d'une fabrique qui fonctionne bien, désormais dans la merde suite à un accident des plus stupides, à l'issue duquel l'un de ses ouvriers se
retrouve avec une couille en moins... Car une salope de passage, ou disons une Marnie pour être plus Cinéphiliquement
correct, sachant bien qu'un homme sexuellement diminué reste un homme quand même, mais sans les possibles inconvénients en nature, va le manipuler en le convaincant de ne pas seulement toucher
son assurance, mais d'attaquer l'entreprise en justice (qui n'y est vraiment pour rien).
Hé bien, sans que ce soit une merveille de comédie (loin de là), j'aime ce Mike Judge pour les mêmes raisons que son sympathique Office Space. Tout est dans le personnage de Jason Bateman, en fait juste fadasse ce qu'il faut... Je
crois que Judge, sans avoir à monter sur ses grands chevaux idéologiques ni à sombrer dans la lourdeur sociologisante, fait montre d'une lucidité et d'une finesse politique salutaire, et comme
j'ai déjà dit, en s'extrayant du gauchisme nunuche libertaire qui nous plombe depuis les années 70 ; ce qui nous donne des petits films, artistiquement parlant certes, mais qui du moins sont loin
d'être mongolifiants. Ce serait même au-delà du politique, quelque chose à situer au niveau de la morale, ou si vous préférez d'un certain bon sens pratiquement disparu. Je ne saurai préciser
pour ne pas trop déflorer, mais je parle ici de la relation de Bateman avec son ouvrier, et de la fin... Ce sont deux classes qui se retrouvent quoi, et qui s'apercoivent que dans le monde où
nous vivons, elles ont un ennemi en commun.
J'aime son sens de la médiocrité, mais qui comme j'ai dit ne verse pas dans le cynisme facile pour autant. Ses "héros", même si engoncés dans une vie apparemment morne, qui est pluuus ou moins la
nôtre, gardent toujours une belle humilité et surtout une droiture assez généreuse... Pourquoi du coup je pense à l'Hollywood de l'âge d'or ?
Du côté du discours amoureux, on rejoint Apatow, et je n'en dis pas plus : voir notamment le sacré Brad, et son piano mielleux qui accompagne chacune de ses tirades sitcomesques, Judge bousillant
le romantisme dans ce qu'il fait de pire.
On remarquera aussi la télé géante chez l'ouvrier, assez amusant, pas du tout appuyé mais bien là, nous montrant que la sur-consommation petite-bourgeoise fait des ravages partout.
Mais bon, ce n'est pas la franche rigolade d'Office Space ni encore moins d'Idiocracy. Cela étant dit, pour
toutes ces petites choses, j'ai fini là devant avec le sourire (ce qui est déjà précieux par les temps qui courent...).
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