Pour clore cette trilogie de Rasko', je dirais que vous feriez bien mieux de voir Lorenzo de Georges Miller.
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LA GUERRE EST DÉCLARÉE
De Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm (2011, France)
Dans la palme des films les plus pénibles de 2011, La Guerre est déclarée parvient à enfoncer dans les grandes largeurs le Black Swan d'Aronofsky. Celui-ci ne nous semblait pourtant pas a priori le plus inintéressant: il était
vendu comme un film sur la maladie mais pas comme un film de maladie, prenant le contrepied du mélo balourd pour aborder les choses avec plus d'ironie. Mes amis, voyez-vous, on appelle cela de la
tromperie sur la marchandise. La Guerre est déclarée est juste un film de maladie comme un autre, mais en pire et en plus faux-cul, d'autant plus putassier qu'il se donne comme "l'histoire vraie"
des deux co-réalisateurs, dont l'enfant a été atteint d'une tumeur peu après la naissance. On ne choisit pas ses parents, on n'en voudra donc pas à ce petit d'être pris en otage par les siens
pour leur permettre d'exhiber leur narcissisme exacerbé, leur cabotinage et leur esprit de bobo mesquin. Simplement, plus le métrage avance, et plus on aurait aimé voir un autre film, montrant la
Donzelli et le Elkaïm (invraisemblable tête à claques, chacune de ses répliques donne des envies de meurtre) en phase terminale, et puis leur enterrement, tout ça "inspiré d'une histoire vraie",
of course !
Je suis peut-être cruel, mais pourtant bien en-decà, en ces lignes, du profond dégoût ressenti devant ce film. Donzelli et Elkaïm (dont les personnages se
prénomment Roméo et Juliette - sans commentaire) se foutent bien de leur gosse, qui n'existe même pas comme personnage. Par contre, eux se mettront bien en scène comme ces parents courageux
affrontant l'adversité, qui déclarent la guerre aux pointes cass... pardon, la guerre à la maladie de leur enfant. C'est qu'aujourd'hui, tout le monde se veut en guerre, tout le monde se veut un
combattant: on est en guerre contre le sida, contre la pauvreté, contre le racisme, contre la mort, contre tout ce qui fait la vie, en fait. Mais le sens du tragique, lui, est complètement perdu.
Et l'on assiste à l'histoire de deux connards qui au final se sont fait une montagne de pas grand chose. Qui se mettent à foncer dans les couloirs ou à crier de désespoir quand on ne leur annonce
même pas une mauvaise nouvelle, mais qui restent impassibles quand leur craintes se concrétise. De deux connards qui essaient, on leur saura au moins gré de cela, de faire un peu de montage, mais
qui tourne ici complètement à vide: montage alterné et plans des protagonistes qui courent dans le vent toutes les dix minutes, quel que soit leur état d'esprit (on aura reconnu le fameux montage
Koulechov). Il faudra en plus de cela se farcir une scène de comédie musicale où nos deux fringants tourtereaux entonneront une chansonnette d'une fadeur telle qu'elle ferait passer le "chanteur"
Grégoire pour du Rammstein.
Le récit en lui-même est tellement littéral qu'il engourdit toute tentative de donner un sens à ce sinistre spectacle. La moitié du film se passe de façon
protocolaire, c'est-à-dire qu'on se retrouve dans des cabinets ou des hôpitaux à voir des docteurs donner leurs consultations, c'est d'un ennui mortel et sans le moindre intérêt artistique. Quant
au reste, ce sont des scènes soit tout aussi insignifiantes (qu'en a-t-on à foutre de savoir que ces deux parents vont voir un spécialiste à Marseille?) ou de fausse gaieté avec musique classique
ou à la mode, où il s'agit de "garder la face devant la famille". A la fin, on apprend que le couple se sépare, il leur aura fallu des années pour se taper sur les nerfs, moi il ne m'aura pas
fallu plus de deux minutes. Dommage, parce que ça, c'était un sujet de film.
Raskolnikov 36
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